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Interview de Laurent et Martial (juin 2006)

Martial, tu as déclaré en 2003 « je ne sais pas chanter, je ne sais que rapper ». Comment définis tu le rap ?
Martial : Le rap, en gros, à ma façon, j’essaie de m’asseoir sur ma base et de tracer. Parce que chanter… je me lâche de plus en plus remarque, j’ai de moins en moins de complexes. Maintenant, tu me dis de faire comme Céline Dion, je sais pas faire !
Laurent : Oh, tu as mis un beau tailleur l’autre jour.
Martial : Oui, j’avais un très beau chignon… Maintenant, tu dis à Céline Dion de faire ce que je fais, elle ne sait pas faire !
Laurent : Le truc, c’est que tu vas prendre un couplet de variété, y a très très peu de textes. Le problème de Martial, c’est qu’il écrit beaucoup, donc la forme du rap lui va très bien !
Martial : Oh, toi je vais t’épouser…
Laurent : C’est tout pourri en fait ! (rires)
Martial : Non, mais il a raison ! Faut que je raconte des trucs, et dans une chanson, c’est impossible. Dans une chanson, y a 12-13 lignes, et moi j’écris trois fois 16 lignes !

Martial

Quel œil jetez-vous sur la musique française d’aujourd’hui, que ce soit Raphaël, Olivia Ruiz, ou encore Rhoff et Booba ?
Martial : Raphaël, j’aime bien ce qu’il fait. Olivia Ruiz, c’est une vraie artiste ? (interroge Laurent). Parle moi plutôt de vrais artistes, ou de Pauline Croze.
Méd : Pauline Croze alors ?
Martial : Ah voilà, je préfère, parce que là tu me parles de choses… ! Moi ce que j’adore vraiment dans la chanson française, mais c’est que tout le monde va dire, ce sont les auteurs compositeurs, ceux qui écrivent leurs textes et qui font eux même leur truc ! Dès que je vois que c’est un tel ou un tel qui a fait l’album, c’est une question d’images.
Méd : Oui, c’est ce que tu disais, que desfois les albums ont plus de featuring que de chansons propres. On parle plus de featuring que de celui qui a fait l’album.
Martial : C’est plus une question d’image qu’autre chose. Maintenant, je regarde bien qui fait quoi dans l’album. Parceque prendre le branchouille du coin et faire un album, y a rien de plus facile !
Laurent : Et en plus ça ne marche pas !
Martial : Avoir un univers comme Pauline Croze, Raphaël, j’aime beaucoup, Bénébar aussi j’aime bien, Grand Corps Malade, je suis pas fan de slam, mais le talent est là y a pas de problème.
Laurent : San Severino aussi c’est génial.
Martial : Oui, c’est exceptionnel. Tous ces gens qui ont une âme, qui ont un style particulier de musique, j’adore !

Quel est le dernier cd que vous ayez acheté ?
Martial : J’achète pas de cd. Mais le dernier, c’était une compil de Jacques Brel.

Quel est le premier cd que vous ayez acheté jeune ?
Martial : Le premier à m’avoir soufflé, jeune, c’est House Of Pen, qui est un groupe irlandais new yorkais, qui faisait du rap avec des samples de cornemuses, certes simplets, mais efficaces !
Méd : Et toi, Laurent ?
Laurent : Moi, c’était après l’heure, ça a été les Floyds et tous ces trucs là ! J’ai suivi le rap après…
Martial : Et toi Méderic ?
Méd : Les 2 be 3, même si c’est un peu culcul… (rires)
Martial : Oui, c’est de la musique à danser…
Méd : Parceque Manau franchement, au début j’ai eu du mal. Ca passait tout le temps et ça m’a gavé ! Matraquage à fond !
Martial : Je suis d’accord, ça a été dur !
Méd : Après, La Belette, j’ai adoré, c’était drôle ! Puis j’ai acheté « Panique Celtique ». Ah non, c’est ma mère. C’est elle aussi qui m’a acheté « Fest Noz de Paname » que j’ai découvert sur Fun Radio. En fait, c’est grâce à « Premier Pas » que je me suis mis….
Martial : (un camion s’ouvre derrière) Y a un truc magnifique derrière toi ! De fûts de bières à gogo (rires)… Et donc c’est grâce à Premier Pas que ?
Méd : Oui, c’est avec cet univers solo que je me suis vraiment accroché aux textes, puis après quand tu vois La Confession, Dernier Combat, L’avenir est un long passé, c’est génial !
Martial : Et donc tu as tout réécouté avec une oreille différente ! C’est gentil, merci !

Pour toi Martial, quelle est la différence essentielle entre Manau et ton univers solo ?
Martial : Franchement, au niveau des textes, j’arrive pas à faire la délimitation.
Méd : Parcequ’à un moment tu disais : « Martial, pour moi, c’est plus intimiste, plus « je », et je m’engage dedans. Manau, moins ! »
Martial : Oui c’est vrai, mais en fin de compte, je m’en rends pas compte, car le « je » est toujours un personnage, que ce soit dans Manau ou Martial. En fait, la vraie différence, c’est Laurent et Cédric, chacun sur un univers. L’ambiance aussi est différente. Y a une ambiance plus second degré sur Martial.
Laurent : Je pense qu’on peut expérimenter davantage sur Martial que sur Manau.
Martial : Oui, il a raison, on a plus cette chance avec le solo. Sur Manau, c’est vrai qu’on est un peu moins libres. Si on ne met pas un coup de cornemuse ou de ceci, les gens vont faire la tête ! (rires)

Alors Martial, « Faut pas tiser », « Feu Follet », « Assez de tiser », « On n’ rigole pas pour une triplette ». Réalité ou inspiration sans limite sur le thème de la boisson ?
Martial : Réalité. Il fut un temps où les jeunes de moins de 20 ans (rires) ! Non, non, réalité. Avant, j’étais un furieux. Enfin, furieux, non, c’était une fois par semaine. Enfin, je me suis assagi là. Mais c’est vrai que nous avons fait des bons délires à l’alcool. Maintenant, attention, c’est dangereux pour la santé ! A consommer avec modération ! (rires)
Méd : Attends, hé, on tourne à la grenadine et au coca ! (Martial vise nos verres)
Laurent : Attends, whisky grenadine, et whisky coca !
Martial : Et toi Laurent Whisky coca ! Irish Cofee (rires) !

laurent meliz
Martial ne peut s'empêcher de s'amuser.... pour notre plus grand plaisir !

En 2003, tu disais que le principal souci des jeunes propulsés par les « Star Academy » et autres était que l’image passait toujours avant la musique ? Penses-tu que ce soit encore le cas ?
Martial : Oh, j’en ai dit des conneries… C’est mon côté punk à deux balles… Je pense que c’est toujours le cas.
Méd : Par exemple, Magalie de la Star Ac’ 5, qui est un peu forte ?
Martial : Ah, non, mais ils sont très très forts les gens du marketing ! Attention, c’est très très technique tout ça ! C’est pour ça qu’elle a gagné cette jeune fille. L’image y a fait énormément. Mais c’est mon côté punk parce que je suis un rebelle à deux balles de dire « oh c’est pas bien ». Maintenant, ils font ce qu’ils veulent, je m’en bats les… Si les gens kiffent, je peux plus rien faire. Et je suis qui pour les juger en fin de compte ? Maintenant, j’arrête de les juger et je donne mon avis !
Laurent : Le seul truc bien qu’on peut accorder à la Star Academy, et un truc génial, c’est que depuis que ça existe, on a vu émerger les Raphaël, Bénébar, Delerm. Y a un contre-courant ! On sait ce qu’on achète, et tu es pas obligé de passer par la Star Ac’ pour réussir !
Martial : C’est vrai que y a un contre-courant ! C’est grâce à la Star Ac’ que certains artistes vivent !

D’après quelques participants à l’émission les 500 choristes, tu étais là bas comme un gosse, les yeux en extase… Ca a du être beau non de voir 500 voix derrière toi ?
Martial : Déjà, ils n’étaient pas 500, c’est des menteurs ! Menteurs ! (rires)
Méd : Alors, c’était pas mal, malgré l’appareil dentaire caché par le micro ?
Martial : Ah oui, j’avais un appareil, ils m’ont posé des questions, et ils ont tout coupé ! J’ai bavé sur Flavie Flament. J’ai fait « Chlavie Chlament ». Flavie Flament, elle a mis un k-Way avant de me parler (rires). C’était pas émouvant, mais impressionnant ! Tu sens un super souffle derrière toi ! Ils chantaient bien les gamins ! C’était génial !
Méd : C’était le dernier soir, vers 23h en plus !
Martial : Oui, exact, mais ils avaient l’air contents !

Sol en cirque, Les enfoirés…. Zazie vous a-t-elle aidé à rapprocher du monde associatif ?
Martial : Absolument pas, pourquoi ?
Méd : On coupe, on coupe ! (rires) Non, Sol En Cirque, Zazie chantait comme une folle, Les enfoirés, elle chantait aussi… Elle ne vous a pas aidé un peu ?
Martial : Attend, peut-être qu’en coulisses il s’est passé quelque chose, mais Sol en Cirque, c’était parce qu’on avait « La Belette ». La télé nous a appelé pour ça !
Méd : Et pour Les Enfoirés ?
Martial : Je connais une amie proche qui bosse aussi beaucoup avec l’équipe Michaël Jones, ou aussi avec Goldman ! Ils ont fait Les Enfoirés, ils ont chanté « La Tribu de Dana » et ça m’a fait super plaisir !
Méd : Ca doit être génial de voir Solaar, Zazie, Cabrel chanter sur sa chanson non ?
Martial : Ah oui, c’est super impressionnant de les entendre rapper ! C’est marrant ! Surtout certains ! Chacun son tour : d’accord je sais pas tenir une note mais là… Je trouve qu’ils l’ont super bien chanté ! Le refrain fut parfait ! Les couplets, bon faut bosser… Pour une fois que je peux me la péter ! Mais y a un truc qui est bizarre ! Pourquoi ils s’énervent comme ça ? On revient à ce qu’on disait tout à l’heure ! Tout ça parceque c’est du rap, ils s’énervent ! Mais est-ce que je m’énerve moi ?

(s’en suit une terrible séance suite au passage de deux demoiselles qui filent dans une banque)
Med : Elles sont passées où les demoiselles ?
Martial : Mais non, elles sont là bas, mais faut être discret dans la vie ! Jeunes demoiselles !
Laurent : Que pensez vous de la sexualité ?
Martial : Ca t’intéresse de venir à la fête foraine avec moi ?
Laurent : Faire des auto-tamponneuses !
Martial : De l’élastique et tout ça ! Heureusement qu’on est discrets Ménélik !
Med : Les gens vont se demander de qui tu parles ! Ils connaissent Méderic, TonTon MeD…

A l’approche de la quarantaine, vois-tu toujours ton avenir dans la musique ?
Martial : Olà ! Tu sais quoi Méd, je m’amuses ! Tant que ça m’éclate oui !
Laurent : Idem, tant que y a de la rigolade !